Samedi 3 décembre:
Dès dix heures, une certaine agitation règne autour de la salle des fêtes
de Saint-Clar, agitation avivée par la présence de nombreuses 2CV ou dérivés. En effet, tous les membres du conseil d'administration du 32 Deuche Club ainsi que quelques autres adhérents se
sont donnés rendez-vous pour la mise en place de la bourse d'échanges programmée le lendemain. En fait, cette bourse constitue une des composantes des fêtes de Noël de la commune, les autres,
confiées à l'office du tourisme, se traduisant par la fête de l'arbre et le marché de Noël.
Ce "rancard" a pour objectif de donner à la salle des fêtes un aspect
commercial tout en restant accueillante pour les visiteurs.
Pour cette onzième édition de la bourse, les 32 deuchistes
présents ne manquent pas d'expérience: chacun connaît parfaitement ses attributions, lesquelles se traduisent le plus souvent, du moins pour les hommes, par du travail de manutention. Aussi,
est-il nécessaire, tel le chevalier partant au combat avec sa cote de mailles, d'adopter le costume ad hoc... Les auscitains n'hésitent pas à quitter l'habit d'Auch pour une tenue plus appropriée
et tout le monde se met au labeur, sauf, bien entendu, le chroniqueur de service... qui lui, dans le cadre de sa mission, tel le petit rapporteur, rend compte honnêtement des moindres faits et
gestes de ses "camarades travailleurs".
Le thème retenu pour cette journée a trait à l'Ami 6
dont on célèbre cette année le 50ème anniversaire.. Qu'a cela ne tienne! La première tâche consiste donc à mettre à l'honneur ce véhicule emblématique en hissant l'Ami 6 présidentielle sur la
scène de la salle. C'est ici qu'intervient le savoir-faire 32 deuchiste: l'un conduit, les autres guident (pas toujours à l'unisson...), d'autres tirent... d'autres contemplent cet exercice à
priori périlleux, mais mûrement réfléchi.
Pendant ce temps, les dames ne restent pas tout à fait
inactives. Dans l'attente du positionnement définitif de cette fameuse Ami 6, elles entretiennent leurs muscles masticateurs par une conversation soutenue mettant parfois à rude épreuve les
zygomatiques.
Lorsqu'elles peuvent intervenir plus concrètement,
elle commencent la décoration de la salle en apportant une attention toute particulière à la disposition des boules (de Noël), ce qui d'ailleurs ne s'avère pas un prétexte suffisant pour
interrompre leurs causeries... Bref, quoi qu'il en soit, elles atteignent l'objectif fixé.
Parallèlement, dans l'ombre, à quelques encablures de là, René,
le "Bocuse" du Club et Marie-Claire, son incomparable commis de cuisine, mijotent un cassoulet qui, d'après les premiers relents perçus à la ronde, devrait s'avérer sans pareil. Minutieusement,
ce duo de choc applique tout son savoir-faire pour la plus grande satisfaction des convives à venir.
Dans la salle des fêtes, le travail continue. Les musclés mettent en place les tables qui feront office
d'étals pour les marchands de demain. Quant à lui, Guillaume, le tribun deuchiste, se rend à l'office du tourisme en vue de répondre en direct à un animateur de Sud-Radio. Avec sa verge verve habituelle, il est chargé de faire la publicité de la manifestation bien au delà des limites du département. L'extrait ci-après prouve, s'il en
était besoin, qu'il ne manque pas de faconde.
Lorsque les douze coups de midi sonnent au clocher
saint-clarais, les ouvriers du jour laissent le chantier en plan et rejoignent le "réfectoire"
aimablement prêté par le club de rugby local. A vrai dire, le coup de bourre ayant été fourni dans la matinée, l'après-midi devrait s'avérer plus serein.
Nos deux cuisiniers attendent les besogneux, "la
France d'en bas" pour leur offrir l'apéritif en l'honneur de l'anniversaire de
Marie-Claire. Cependant, quelle n'est pas l'émotion de cette dernière lorsqu'elle se voit offrir un magnifique bouquet de fleurs à
l'occasion de ses .. ans! Elle avait oublié que la secrétaire du club, dans le cadre de ses fonctions diverses et variées, tient à jour l'état-civil des adhérents.
Le champagne et ses accompagnements arrivent à
point. Ils ouvrent les quelques rares appétits encore fermés pour apprécier, à sa juste valeur, le cassoulet tant attendu.
A l'évidence, l'ambiance de ce festin n'a rien à envier aux traditionnels rendez-vous du club. Ici, les
maîtres mots restent "sourire" et "convivialité".
Mille fois merci à René et
Marie-Claire!!!
A l'issue de ce déjeuner pantagruélique pour certains,
l'ouvrage reprend sans que la moindre directive ne soit donnée. Spontanément, les uns restent sur place pour faire la vaisselle et redonner à cette "salle à manger" prêtée son aspect initial; les
autres vont fignoler la salle des fêtes en compagnie d'adhérents uniquement disponibles l'après-midi.
Il est à peine dix sept heures lorsque les 32 deuchistes se quittent. Certains
exposants, habitués de la manifestation, ont déjà disposé leurs marchandises.
Dimanche 4 décembre:
Dès l'aube, et même avant, une pluie incessante stagne sur Saint-Clar. Tantôt
battante, tantôt bruineuse, elle s'imprègne dans les nappes phréatiques ce qui, pour l'heure, ne constitue pas la préoccupation première du 32 deuchiste. Mais, en bon philosophe, "gasconnement",
il pense à haute voix qu'il "faudra faire avec!... con!"
Les consignes présidentielles sont respectées: chacun est à son poste dès sept
heures. Les "moins veinards", de jaune giletés, rejoignent les parkings afin de diriger les "deuchistes" sur les aires qui leur sont réservées et de guider les "chignoleux" n'importe où, pourvu
que ce soit ailleurs. Les plus chançards, plus "noblement" affublés, rejoignent les postes abrités, à savoir le stand du club... les pièces détachées...Les marchands disposent leurs articles sur
les étals mis à leur disposition tandis que d'autres, par téléphone, indiquent qu'ils ne pourront se déplacer compte tenu des conditions météorologiques... D'autres, peut-être moins délicats, ne
viendront pas, sans avertir, ce qui permet de penser que, dans tous les milieux, les valeurs essentielles s'égarent...
Vers neuf heures, Guy et Georges s'inquiètent... Pour le bien du club, ils
souhaiteraient aujourd'hui ignorer le mot "crise"... Le bar est presque vide, Christian et Daniel font la gueule... Renseignements pris, les "moins veinards" ne sont pas surchargés...
Sur le coup de dix heures, un grand nuage foncé fait
un dernier passage sur la commune laissant place à quelques grisailles claires. Elles se traduisent par une affluence soudaine de clients potentiels parmi lesquels les mordus de la deuche ne
manquent pas. Le sourire de Christian et Daniel sont synonymes d'une bonne recette à venir d'autant qu'André, au micro, harangue les visiteurs. Il les invite à ne rien manquer dans cette bourse
et surtout à ne pas rater le repas préparé par un traiteur de la place.
Entre dix heures et midi, la bourse bat son plein. Les
commerçants de trésors deuchistes ne regrettent pas leur déplacement, pas plus d'ailleurs que les visiteurs avertis.
Lorsque la pause déjeuner s'impose, les uns rejoignent la salle de
l'ail pour le repas typiquement gascon; les autres se contentent du sandwich au magret (non moins gascon)... Les premiers terminent le repas par un Armagnac offert par le maire de la commune, les
autres le terminent par... Après palabres, ils s'avère que les derniers regrettent souvent de ne pas être premiers... Il est vrai que l'on ne peut simultanément retenir sa place de restaurant et
"tirer les prix" d'un radiateur de 2CV...
A la salle de l'ail, peu avant le dessert, notre ami Guillaume et Olivier, le Président, face à un essaim
visiblement déjà repu et guilleret, proposent alors la pesée du jambon. C'est l'occasion pour Guillaume de mieux présenter le club et pour Olivier, celle de remercier les bénévoles pour le
travail fourni. Dans son monologue, après deux ou trois chansons dont il a le secret, Guillaume n'oublie toujours pas Marie-Claire qui, aujourd'hui a droit à un "Happy birthday" émanant de
plus de cent cinquante voix: l'émotion est à son comble!!! Monsieur le Maire, quant à lui, face à cette population majoritairement de passage, ne manque pas de souligner sa satisfaction
d'enregistrer, parmi les associations de sa commune, celle du 32 Deuche Club.
A l'issue du déjeuner, la salle des fêtes se remplit de nouveau, mais avec une population différente.
Les "addicts" de la Deuche sont déjà passés. A cette heure les couples se promènent avec les enfants ou petits-enfants : les miniatures sont "enviées", "zieutées", "re-zieutées" par les bambins
et finalement achetées pour leur plus grand plaisir.
Avant de finaliser ce reportage, il
convient de remercier le Père Noël qui, dans son emploi du temps, surchargé à cette époque de l'année, a pu se permettre d'effectuer au cours de cette journée trois passages dans la commune.
Souhaitons pour lui qu'il puisse bénéficier des RTT prévus par son statut professionnel et qu'il puisse, à brève échéance, dans le cadre de sa remise en forme, lézarder sur le yacht d'un de ses
amis intimes, industriel anonyme...
Tout compte fait et tous comptes faits, la onzième
bourse d'échanges s'est avérée comme un grand succès d'autant que le club a enregistré dix nouvelles adhésions, preuves de sa vitalité. Nous souhaitons la bienvenue au club aux nouveaux adhérents
et saluons, en particulier, ce couple de bordelais, qui prochainement condomois, a choisi la "Deuche" comme moyen d'intégration en pays gersois!
Une fois encore Saint-Clar a été le temple de la
Deuche!!!
Encore une fois un compte-rendu vivant et qui ne manque pas d'humour. Vous lire est un vrai régal. Continuez!